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NOTRE EDITORIAL ...
Côte d’Ivoire : Allah Thérèse a rejoint son mari N’goran La Loi dans les liens de la mort

Afriknews-Lundi 20 janvier 2020-L’information est tombée sur les réseaux sociaux comme un couperet. Eh oui. Elle a enfin rejoint sa moitié décédée, il y a deux ans. L’une des dernières gardiennes de la musique ivoirienne a rangé définitivement le micro, ainsi que son art oratoire sur fonds de musique tradi-moderne baoulé (ethnie du centre). Cette star qui formait un couple parfait avec son époux N’goran La Loi, son accordéoniste, vient de le rejoindre dans le ventre profond de la mort. Puisqu’il s’agit d’elle, Allah Thérèse est décédé hier dimanche 19 janvier 2020, à 23 h à l’hôpital général de Djakanou des suites de divers malaises.

 

 

Elle a été admise dans cet hôpital, pour ses parents, espérant qu’elle se rétablisse et revienne guérie à la nation ivoirienne, qui avait encore besoin d’elle. Mais à la vérité, on pourrait croire, qu’elle ne voyait pas de nécessité d’y en sortir. Parce que, depuis le décès de son cher N’goran La Loi, quelque chose s’est cassée en elle. « Je ne peux plus continuer sans lui », avait confié à un confrère au lendemain de la disparation de son amour.  

 

Cette septuagénaire laisse un riche héritage artistique à la Côte d’Ivoire, que personne ne peut discuter.  C’est une profonde douleur, qui étreint la musique ivoirienne certes, mais c’est la classe politique pro-Houphouet Boigny, notamment le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), qui vient de perdre sa principale narratrice des épopées du Rassemblement démocratique Africain ( Rda).

 

La toile et la presse fusent d’hommages à cette grande figure culturelle. Afriknews.net retient celui du célèbre journaliste-écrivain ivoirien, vivant à la Martinique, posté après l’annonce de la nouvelle.  « Il y a 15 ans j’avais fait remixer ses chansons en Martinique pour la faire connaître par ici. Comme tant d’autres, j’aimais cette femme, toujours souriante et disponible. Allah Thérèse était plus qu’une gardienne de la tradition. C’était une icône ivoirienne. Deux ans après le départ de N'Goran la Loi, son mari et complice en musique, la chanteuse aux pieds nus nous quitte à son tour. Bon voyage à toi et bonnes retrouvailles à vous deux », a livré l’homme de culture.

 

Dans une interview accordée à une époque donnée à Radio Côte d’Ivoire ( Chaine Nationale), la Césaria Evora ivoirienne, qui ne pouvait connaître le bonheur de l’enfantement, a expliqué qu’elle a fait le choix de devenir une célèbre artiste, juste pour mériter des obsèques nationaux, qu’un enfant ne pourra jamais lui offrir.

 

Pari réussi. Nous pourrions l’affirmer avec certitude. Cette dame a forcé l’admiration de tous en Côte d’Ivoire, traverser les générations,  et mis d’accord tous les régimes d’Abidjan, qui se sont succédés au pouvoir,  sur sa valeur de bibliothèque à classer au patrimoine culturel ivoirien.

 

Née en 1970, Mémé Allah Thérèse quitte la terre des hommes en cette année 2020, sans avoir conçu de progénitures. Mais elle a le mérite de mobiliser tous les ivoiriens pour lui offrir un hommage digne du service rendu à son pays.     

 

Martiale Digbeu / Afriknews//

 



PENSEE DU JOUR
Blaise Pascal : une réflexion sur Dieu, la mort et les passions

Blaise Pascal, né le 19 juin 1623 à Clairmont (aujourd'hui Clermont-Ferrand) en Auvergne et mort le 19 août 1662 à Paris, est un mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français.

Enfant précoce, il est éduqué par son père. Les premiers travaux de Pascal concernent les sciences naturelles et appliquées. Il contribue de manière importante à l’étude des fluides et clarifie les concepts de pression et de vide en étendant le travail de Torricelli. Il est l'auteur de textes importants sur la méthode scientifique.

À 19 ans3,4, il invente la première machine à calculer5,6 et après trois ans de développement et cinquante prototypes, il la présente à ses contemporains en la dédiant au chancelier Séguier7. Dénommée machine d’arithmétique, puis roue pascaline et enfin pascaline, il en construisit une vingtaine d'exemplaires dans la décennie suivante8.

Mathématicien de premier ordre, il crée deux nouveaux champs de recherche majeurs. Tout d’abord, il publie un traité de géométrie projective à seize ans ; ensuite il développe en 1654 une méthode de résolution du « problème des partis » qui, donnant naissance au cours du XVIIIe siècle au calcul des probabilités, influencera fortement les théories économiques modernes et les sciences sociales.

Après une expérience mystique qu'il éprouve en novembre 16549,10, il se consacre à la réflexion philosophique et religieuse, sans toutefois renoncer aux travaux scientifiques. Il écrit pendant cette période Les Provinciales et les Pensées, publiées seulement après sa mort qui survient deux mois après son 39e anniversaire, alors qu’il a été longtemps malade.

 

Qu’est ce que l’homme selon Pascal ?

A cette question, Pascal apporte, tout d’abord, une réponse psychologique : il place l’homme en face de lui-même et fait un constat de vide et de vacuité. C’est la célèbre thèse du roseau pensant.

– C’est l’inconsistance qui domine dans l’humaine nature.

– Parlons donc de vanité, au sens étymologique de ce terme (latin vanitas, vide), comme caractère de ce qui est creux et inconsistant.

– La vanité est encrée dans le cœur de l’homme : le moi est haïssable.

Voué au vide et à la vacuité, l’homme goûte non seulement les plaisirs de la vanité (chacun veut avoir ses admirateurs…), mais aussi les prestiges de la trompeuse imagination, cette maitresse d’illusion et d’erreur :

– L’imagination désigne une puissance qui interdit à l’homme l’accès au vrai et déforme la réalité en grossissant les petites choses et en amoindrissant les grandes.

–  Ainsi sont grossis, par exemple, les illusions et petits objets de l’amour-propre, compris, au sens ancien et péjoratif du terme, comme amour de soi et égoïsme.

En quoi consiste l’amour-propre ? A « n’aimer que soi et […] ne considérer que soi »

Le divertissement selon Pascal : La lutte de l’homme contre sa misère métaphysique

Egaré par l’amour de soi et les puissances trompeuses de l’imagination, l’homme est voué à la mauvaise foi : il refuse de prendre conscience de son néant, qu’il expérimente, tout particulièrement, dans l’ennui, sentiment pénible de vide causé par le désœuvrement ou l’absence de passion étant lié au plein repos, sans occupations ni affaires.

Cette prise de conscience de son néant, l’homme la fuit dans le divertissement, c’est-à-dire dans tout ce qui nous détourne du spectacle de notre misérable condition, inscrite dans le temps et dans la mort, tout ce par quoi nous fuyons la pensée de notre néant : le jeu et l’amusement, mais aussi le travail et l’activité.

– Le divertissement perpétuel nous dérobe à nous-mêmes et nous interdit la réflexion.

La foi et l’ordre du cœur :

Mais la réponse à la question : « Qu’est-ce que l’homme ? » relève aussi de la religion.

– « Misère de l’homme sans Dieu, félicité de l’homme avec Dieu ».

– Par la foi, l’homme peut, en effet, échapper à la sphère inconsistante qui est sienne et connaître la félicité.

Que désigne la foi ?

– Une révélation immédiate et intérieure de Dieu, obtenue grâce au cœur, spontanéité connaissante et intuitive, participant à l’affectivité, vraie force agissante liée au sentiment et saisissant Dieu sans intermédiaires.

Nous connaissons la vérité non seulement par la raison (la connaissance discursive, allant à l’universel) mais aussi par le cœur, c’est-à-dire l’intuition. Autrement dit, le coeur a des raisons que les raison ne point.

Mais comment décider l’incrédule à dépasser le divertissement pour atteindre la sphère de la foi et du divin ?

– Ici prend place le célèbre pari, qui ne constitue nullement une démonstration de l’existence de Dieu, mais un argument tendant à montrer aux incroyants qu’en pariant pour l’existence de Dieu, ils n’ont rien à perdre, mais tout à gagner.

– Si l’on gagne, on gagne tout (la félicité éternelle).

– Si l’on perd, on ne perd rien (une existence misérable, finie et précaire).

– Croire en Dieu est donc un parti très raisonnable : l’homme a tout intérêt à parier pour la religion chrétienne.

Pascal et l’art de persuader :

Il s’agissait, pour Pascal, de persuader les incroyants et de les mener à Dieu. Tel était le dessein des Pensées.

– Or, pour ce faire, Pascal a mis en œuvre une rhétorique dont il faut dire un mot (un peu plus loin).

– Ainsi a-t-il distingué l’art de convaincre, c’est-à-dire d’obtenir l’adhésion de l’esprit à l’aide de preuves rationnelles(en démontrant rationnellement la vérité d’une proposition, en influençant l’intelligence), et celui de persuader, qui consiste autant en celui d’agréer qu’en celui de convaincre.

– Agréer, c’est plaire et intéresser, en recherchant une correspondance entre l’esprit de celui à qui l’on parler et l’expression dont on se sert.

La rhétorique et l’argumentation pascaliennes sont donc très subtiles. Elles ne négligent ni l’art de convaincre ni celui d’agréer. Elles unissent esprit de géométrie, c’est-à-dire raisonnement discursif, déductif et démonstratif, et esprit de finesse, défini comme intuition et discernement juste et immédiat d’éléments complexes.

– Pour conduire à Dieu l’incroyant, Pascal a édifié une rhétorique synthétique et perspicace.

Par son analyse du drame de l’existence humaine et sa subtile rhétorique destinée à nous conduire à Dieu, Pascal apparaît étonnamment moderne. C’est le langage de notre monde contemporaine qu’annoncent les Pensées.

Oeuvres de Blaise Pascal :

– Essai sur les coniques (1639)

– Préface pour un traité du vide (1647)

– Les Provinciales (1656-1657)

– De l’esprit de géométrie (posthume)

– Les brouillons qui constitueront les Pensées …

Quelques célèbres citations de Pascal

Pascal sur les passions :

– “Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas”

– “L’imagination est maîtresse d’erreur et de fausseté”

– “Vivre avec l’espoir est une vie qui en vaut bien  d’autres”

Pascal et la subjectivité :

– “L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible des roseaux, mais c’est un roseau pensant

– “L’homme est un point perdu entre deux infinis”

– “Deux excès : Exclure la raison, n’admettre que la raison”

– “La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent”

– “Le moi est haïssable

– “L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête”

– “Que le coeur de l’homme est creux et plein d’ordure !”

– “Tous les hommes cherchent à être heureux, jusqu’à ceux qui se brûlent la cervelle”

Pascal et le divertissement :

– “Divertissement. Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser”

– “Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher”

– “Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre”

– “Le monde est si inquiet qu’on ne pense jamais à l’instant présent, mais à celui où l’on vivra. De sorte qu’on est toujours en état de vivre à l’avenir et jamais de vivre maintenant”

Pascal et l’amitié :

– “Si les hommes savaient ce qu’ils disent les uns des autres, il n’y aurait pas quatre amis dans le  monde”

– “La curiosité n’est que vanité le plus souvent ; on ne veut savoir que pour en parler”

Pascal et Dieu :

– “Qu’il y a loin de la connaissance de Dieu à l’aimer !”

– “C’est le coeur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au coeur, non à la raison”

 

 

CONTRIBUTIONS
Rwanda, forcer le respect plutôt que de faire pitié

Afriknews-Samedi 13 juillet 2019-Avec une croissance de 7,5 % par an, le Rwanda fait figure de virtuose économique en Afrique. Le modèle impulsé par le président Paul Kagamé veut placer le pays au cœur de l’innovation. Un choix plutôt payant pour ce pays enclavé aux confins de plusieurs collines dans une Afrique où les Chefs d’Etats attendent toujours des plans miracles de performance économique des tuteurs  néocoloniaux.

 

Le Rwanda surfe sur la vague de la modernisation depuis bientôt vingt ans, comme l’explique An Ansoms, spécialiste de l’économie rwandaise à l’université catholique de Louvain, en Belgique, interrogée par France 24. "Après la phase de reconstruction entamée au lendemain du génocide, le gouvernement s’est focalisé à partir de l’année 2000 sur la création d’un pays exemplaire. À cette période, les documents officiels évoquaient déjà la volonté de développer une économie autour d’un 'hub technologique trilingue au Rwanda'", se remémore l’économiste.

 

Aujourd’hui, les indicateurs économiques font pâlir d’envie ses africains. Ils comblent ses bailleurs de fonds, qui financent 40 % du budget du pays et qui n’hésitent pas à évoquer le "miracle africain". La Banque mondiale affiche une augmentation moyenne du PIB annuel du Rwanda de 7,5 % et le FMI prévoit une croissance de 7,8 % en 2019.

 

Pour les investisseurs étrangers, le pays compte plusieurs atouts : une stabilité politique liée aux réélections de Paul Kagamé,  un indice de corruption relativement bas – 4e pays du continent dans le classement de Transparency International – et un taux de scolarisation de 98 %, selon l’Unicef.

Afriknews/ Afriknews//

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Zone Uemoa : Comment Paris et Abidjan ont bouclé la naissance de l’Eco ?

Afriknews-Dimanche 22 décembre 2019-Le Samedi 21 décembre 2019 fera date dans les anales de l’Union monétaire ouest africaine ( UEMOA). Et pour cause, c’est ce jour qui consacre l’annonce officielle du point de départ de l’affranchissement du Franc Cfa du trésor français et de la banque française, qui centralisent à ce jour  les réserves de change de cette monnaie utilisée par les huit Etats membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO).  Aux côtés d'Emmanuel Macron, le président ivoirien Alassane Ouattara a informé ce 21 décembre de la fin prochaine du franc CFA qui sera remplacé par l'Eco. C’est-à-dire à partir de 2020 les huit pays de l'actuelle zone franc en Afrique de l'Ouest vont gérer eux-mêmes cette monnaie sans interférence de la France. Quand et comment cela va se faire ? En clair, comment le deal s’explique ?

 

Selon Bruno  le Maire, ministre français de l’économie et des finances, qui évoquait la question sur RFI le dimanche 22 décembre, le début de la rupture des liens techniques avec les institutions financières françaises susmentionnées, prendra forme dès  le premier mois de 2020.

  

« Il doit s'appliquer début janvier. Chaque État aura la liberté de retirer ses réserves de change comme il le souhaitera du compte du Trésor, mais ce compte sera définitivement fermé en 2020, de façon à marquer l'indépendance totale des États africains dans leurs politiques monétaires », indique Bruno le Maire sur RFI.

 

 

A en croire le le président Alassane Ouattara, très critiqué par une frange importante de l’opinion publique ouest-africaine dans ce processus, les huit pays qui utilisent cette monnaie vont adopter une nouvelle devise qui sera baptisée l'éco, et deviendra donc le noyau dur de la future devise de la Cedeao.

 

 

« Par un accord avec les autres chefs d'État de l'Uemoa, nous avons décidé de faire une réforme du franc CFA avec les trois changements majeurs suivants : tout d'abord, le changement du nom de la monnaie du franc CFA à l'éco. Deuxièmement l'arrêt de la centralisation de 50% de nos réserves de change au Trésor et la fermeture du compte d'opération. Troisièmement le retrait des représentants de la France de tous les organes de décision et de gestion de l'Uemoa », a-t-il expliqué.

 

Paris, de cogestionnaire à garant

L'éco conservera une parité fixe avec l’Euro, ce qui garantit la même valeur de la monnaie pour les consommateurs. Cette disposition pourrait évoluer avec le temps et en fonction de la volonté des autres pays de la Cedeao lorsqu'ils voudront rejoindre l'éco.

 

Enfin, la France garde un rôle de garant en cas de crise. Si jamais les pays de la zone éco n’ont plus de quoi payer leurs importations, la France le fera. Reste que si l'on en arrive là, Paris se réserve le droit de revenir dans une instance de décision, en l’occurrence le conseil de politique monétaire.

 

En définitive, Paris passe d’un rôle de cogestionnaire à un rôle de garant. Mais ce faisant, la France s’est assurée de conserver une relation économique particulière avec les pays de la zone Uemoa. Paris affirme que cette évolution est rendue nécessaire par le projet de monnaie commune de la Cédéao.

 

« La question du franc CFA cristallise de nombreux débats et de nombreuses critiques sur le rôle supposé de la France en Afrique. Donc rompons les amarres ! Ayons le courage d'avancer, de regarder et de bâtir ensemble en effet un partenariat décomplexé. La France n'a rien a caché [...] et je suis très heureux d'être à ses côtés pour ensemble annoncer cette réforme historique majeure », a déclaré Emmanuel Macron.

Qu’en est-il des lointains cousins de la Communauté économique et communautaire des Etats d’Afrique centrale ( Cemac) ? Malgré le parallélisme de construction de ce bloc avec l’Uemoa, qui a en commun l’utilisation du Franc Cfa, les économies des six pays membres du Cemac  ne sont pas concernés par l’Eco.

 

« Il est vrai que l’Uemoa et la Cemac sont les composantes symétriques d’un même ensemble, qui partage au moins trois caractéristiques essentielles : la langue officielle, la valeur de leur monnaie et des structures d’intégration régionale d’apparence fort semblable, mais les aspects qui les différencient sont nombreux, et sans doute plus importants que leurs ressemblances », explique un expert de la question.     

Martiale Digbeu / Afriknews//


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GOPO ...
Enjeux économiques : Paul Kagamé invite les africains à compter moins sur l’Europe pour l’essor du continent.

Afriknews-Jeudi 20 décembre 2018- Le président Paul Kagamé du Rwanda, président en exercice de l’Union africaine (UA), en visite officielle de 48h à Abidjan ( Côte d’Ivoire ) depuis mercredi, a partagé sa vision de développement et d’indépendance économique du continent avec le monde des affaires ivoiriennes. Face au patronat ivoirien jeudi, en présence du vice-président ivoirien, Kablan Duncan,  le chef de l’Etat rwandais a invité les africains à faire face aux défis en se fondant sur leurs valeurs et leurs cultures.

 

 

Le président rwandais dans son adresse a exhorté les intellectuels africains à adapter leurs connaissances aux réalités locales pour « transformer » leur pays et le continent. Selon lui, c’est une aventure hasardeuse que de compter sur l’Europe pour asseoir son essor.  

 

 

A l’en croire, « si l’Afrique reste un fardeau pour l’Europe » et qu'il devient « trop lourd » en termes d’assistance au développement, elle pourrait « jeter par terre » le continent, en conseillant que les pays africains de changer de mentalité  et de copier seulement que les standards qui militent en leur évolution.

 

 

Paul Kagamé soutient que pour atteindre des niveaux remarquables d’industrialisation, il faut de la détermination et de l’énergie, tant sur le plan collectif que personnel. Toujours dans son plaidoyer, le président en exercice de l’UA appelle à transformer la situation de la communauté en refusant d’accepter la pauvreté et la misère. Non sans indiquer qu’il joue pleinement sa partition. « J’essaie de donner mon corps et mon âme pour prouver que l’Afrique peut faire la différence ».

   

 

Pour lutter contre la corruption, il a invite à la culture de la déclaration des biens, qui selon lui, un excellent moyen pour stopper cette gangrène. Il en veut pour preuve l’exemple de son pays où son patrimoine et celui de toutes les autorités dirigeantes sont connus de tous. Au Rwandais, du dirigeant au citoyen lambda la rigueur de la loi s’applique à tous, a-t-il fait remarquer.  

 

La recette de l’envolée économique spectaculaire de son pays sorti tout droit d’une guerre fratricide qui a fait plusieurs milliers de morts  a été partagée sur le plan du climat des affaires.  Le Rwanda où il fallait autrefois 90 jours pour créer une entreprise, aujourd'hui, les opérateurs économiques ont la possibilité de créer leur entreprise en 6 heures. Le pays, grâce à ces efforts, enregistre une croissance moyenne de 3,2%, a confié Paul Kagamé.

 

Il a quitté Abidjan dans l’après-midi. Mais auparavant, en marge à cette visite, quatre accords de coopération ont été signés par des ministres des deux pays en présence des chefs d’Etat Paul Kagamé (Rwanda) et Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire).

 

 

Il s’agit entre autres de l'exemption réciproque de l'obligation (procédure et frais) de visa d'entrée, de transit et de séjour , de définir le cadre légal fonctionnel de coopération entre les deux pays, d’instituer  des consultations politiques régulières entre les deux pays sur des questions d’intérêt mutuel, et de l’interconnexion entre les administrations publiques.

 

Pour rappel, le premier traité d’amitié et de  coopération entre la Côte d’Ivoire et le Rwanda a été signé le 30 janvier 1985. Depuis cette date, un accord culturel et de coopération scientifique lie les deux pays.

Afriknews / Afriknews//


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VOYAGE ...
Technologie : le plus grand pont ferroviaire en arc du monde construit en Chine

Afriknews-Lundi 10 décembre 2018- Lundi matin, avec l'installation du grand pont au-dessus de la rivière Nujiang dans la province chinoise du Yunnan (sud-ouest), les constructeurs chinois ont construit le plus long pont ferroviaire en arc du monde.

 

L'ouvrage mesure 1.024 mètres de long et près de 25 mètres de large. Avec une travée unique de 490 mètres, il permet à quatre trains d'y stationner en même temps, a précisé Yu Changbin, directeur du projet de la China Railway Construction Corporation.

 

"Comme le pont se situe dans la gorge du plateau Yunnan-Guizhou, affecté par une ceinture sismique de haute intensité, sa largeur et sa capacité portante sont beaucoup plus importantes que les ponts ferroviaires ordinaires", a expliqué M. Yu. "Il n'existe aucun précédent de construction d'un tel pont."

 

Pour accomplir le pont, les constructeurs ont dû assembler 800.000 boulons et 922 poteaux en acier de différents modèles, pesant chacun 100 tonnes, à environ 230 mètres au-dessus de la rivière du Nujiang.

 

Le pont est un projet clé de la voie de chemin de fer de 220 km Dali-Ruili, qui est une section importante du couloir ferroviaire international Chine-Myanmar reliant Kunming, capitale de la province du Yunnan, à Yangon, capitale du Myanmar.

 

Après la mise en service du chemin de fer Dali-Ruili, le temps de voyage entre les deux villes passera de six à deux heures.

Source Xinhua / Afriknews//


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Côte d’Ivoire / Reforme de la CEI : changements d’hommes ou remise à plat de toute la machine ?

Afriknews-mardi 22 janvier 2019-Des pourparlers pour la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) en vue de la présidentielle de 2020 ont débuté ce lundi 21 janvier à la primature en présence du premier ministre. Après une organisation mitigée des élections locales de 2018 par cette instance, qui ravive  la tension politique, pouvoir et opposition sont parvenus à une prise de contact pour plancher sur sa reforme. Changements d’hommes, comme semble le vouloir le gouvernement ou bien une remise à plat de toute la machine, comme le demandent beaucoup de partis d’opposition ? Les discussions s’annoncent houleuses.

 

 

Côté opposition, on notait la présence du Pr Georges-Armand Ouegnin de la plateforme EDS dont le référent politique est le Président Laurent Gbagbo, du Pr Maurice Kacou Guikahué du PDCI-RDA, du Pr Bamba Moriferé du Rpci, de Pascal Affi N’guessan du FPI officiel, de Danielle Boni Claverie de l’URD, d’Henriette Lagou du Rpci-paix, de Kabran Appiah, etc…

 

Notons qu’en novembre 2016, le pays avait été épinglé par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples qui a estimé, dans un arrêt, que la CEI ivoirienne n’était ni indépendante ni impartiale.

 

A cette première rencontre, les participants espèrent voir le processus tenir compte de leurs   attentes.

 

« Nous espérons que toutes les questions liées aux élections seront abordées, depuis le recensement des électeurs jusqu’à la proclamation définitive des résultats des différentes élections, en nous penchant particulièrement sur la situation de toutes les institutions impliquées dans ce processus », a déclaré Pascal Affi N’guessan, le président du Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo.  

 

En reponse aux  préoccupions, le pouvoir estime que l’actuelle CEI, créée en 2001, a fait l’objet de discussions et d’un consensus en 2013 et 2014. Et donc, « On ne peut pas faire fi de ce consensus », selon le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

 

« Une fois que l’on se sera mis d’accord sur la structure, au niveau donc des hommes qui représentent les différentes sensibilités politiques, c’est à ce niveau-là qu'il pourrait y avoir quelques changements ici ou là, mais la structure elle-même de la CEI est, aujourd’hui, une structure qui permet donc d’avoir la représentation de l’ensemble des forces politiques qu’elles soient de l’opposition ou de la majorité dans notre pays », a-t-il projeté.

 

 

Quoi qu’il en soit, les partis ont deux semaines pour rendre leurs contributions. La société civile sera, quant à elle, reçue jeudi 24 janvier par le gouvernement.

 

Mais des partis de l’opposition clament déjà leur exclusion à ces discussions. Il s’agit de la partie en fronde du FPI dirigé par Simone Gbagbo, Alors que les partis politiques de l’opposition dans leur ensemble s’attendaient à des discussions inclusives sur la réforme de la Commission Electorale Indépendante(CEI), l’UPCI de Brahima Soro et le PIT Daniel AKA Ahizi et LIDER de Mamadou Koulibaly. Pour le cas du dernier parti cité, Monique Gbekia, la Présidente, affirme avoir été conviée formellement par le ministère de l’intérieur,   mais stoppée à la guérite de la primature, « sous le prétexte que LIDER ne figurait pas sur la liste ».

 

DJEK KODJO /Afriknews//


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MONDE : AFRIQUE & INTER

COVID-19 : l’Etat de Côte d’Ivoire décrète l’état d’urgence, un couvre-feu, et le confinement progressif

Afriknews-Mardi 24 mars 2020-Le non respect des prescriptions gouvernementales par une franche importante des populations ivoiriennes aura eu raison de l’indulgence du président Alassane Ouattara face aux conséquences, que peuvent avoir des mesures drastiques sur l’économie ivoirienne, sur les ménages, et les comportements. Dans une adresse à la nation le lundi 23 mars à 20h, enregistrée depuis le Palais présidentiel d'Abidjan-Plateau, le chef d’Etat ivoirien avec une mine assez grave, a rappelé le bilan actualisé de la propagation de l’épidémie, qui fait état de 25 cas, dont 3 déjà guéris. Aussi, le chef de l’exécutif ivoirien, a-t-il décrété l’état d’urgence et pris huit (8) décrets dont l’instauration d’un couvre-feu de 21h à 5H du matin, la fermeture des restaurants et maquis à compter de ce jour, l'interdiction de voyager à l’intérieur du pays et le confinement progressif par zone en fonction de la progression du virus, à compter de ce mardi.

Leadership au Rhdp à Gagnoa / Le Député Abel Djohoré règle ses comptes à Djédjé Bagnon : « Il est venu au Rhdp par défaut »

Afriknews-Dimanche 22 mars 2020-Abel Djohoré n’en peut plus face aux nombreuses frustrations, qu’il subit au sein du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix ( Rhdp), tant dans la coordination régionale du Goh, qu’à la direction exécutive. Va-t-il faire comme le Mini...

BROBO (COVID-19) : Kouassi Koffi Benoit dit KB et la jeunesse de Brobo sensibilisent

Afriknews-Lundi 30 mars 2020-La jeunesse veut sa partition dans la lutte contre le coronavirus qui sévit en ce moment dans notre pays la Cote d’Ivoire. C’est pourquoi, conscient de rôle d’avant-gardiste, a décidé de prendre les choses en main. Le samedi 28 mars dernier, la jeunesse...

COVID-19 : Le maire de Tiébissou renforce le système sanitaire de sa commune

Afriknews-Lundi 30 mars 2020-Pour lutter contre la propagation du COVID-19 dans le département de Tiébissou ( Centre de la Côte d’Ivoire ), le maire N’Dri Koffi Germain et sa municipalité ont offert vendredi 27 mars 2020 à la population plusieurs kits de prévention contre cette pandémie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'ARBRE A PALABRE ...
Cedeao /Monnaie unique ( eco) : rapport de force en perspective entre la Côte d’Ivoire et le géant Nigeria

Afriknews-Dimanche 14 juillet 2019- Le sommet d’Abuja des chefs d’Etats et de gouvernements de la communauté économique d’Afrique de l’ouest ( Cedeao ), le 29 juin 2019, relativement à l’adoption de la monnaie unique, l’ « eco », a arrêté pour cette future monnaie un taux de change flexible vis-à-vis d'un panier de devises. Mais, le vendredi 12 juillet à Abidjan, une apparence contradiction a été enregistrée au conclave des États membres de l'union économique et monétaire ouest africain ( Uemoa ), essentiellement de la zone franc. En effet, le président Alassane Ouattara a remis sur la table de discussion le taux de change de l’eco, qu’il souhaite voir arrimé à l’euro. Si sa proposition peut avoir l’adhésion de ses pairs de l’Uemoa,  c’est évident qu’elle représente une pilule amère que ne voudra pas avaler les autres Etats qui ne partagent pas le Franc Cfa en commun. Ce qui laisse présager d’un rapport de force entre la zone Uemoa avec pour locomotive la Côte d’ivoire et le géant Nigeria et les autres pays opposés à l’idée de l’eco arrimée à l’euro, notamment le Ghana et la Guinée.

  

 

Pendant que tout semble avoir été bouclé, le président Alassane Ouattara a actualisé le débat sur le taux de change de cette monnaie à ce sommet de l’Uemoa à Abidjan. En effet, l’ancien directeur adjoint du Fonds monétaire international ( Fmi) a plaidé pour un taux de change fixe de l’eco avec l'euro.  

 

Ce plaidoyer du président ivoirien montre bien que le débat entre taux de change fixe et taux de change flexible pour la future monnaie commune à la Cédéao n'est pas encore réglé. Alassane Ouattara est convaincu que le taux de change fixe entre l’euro et le Cfa a fait ses preuves en protégeant, au fil du temps, la zone UEMOA et par conséquent les consommateurs, de l'inflation. « Il faut que cela soit maintenu », plaide-t-il.

 

En effet, il est acquis que cette future monnaie commune rentrera en vigueur dès l'an prochain avec les pays qui sont prêts, ceux qui respectent le mieux les critères de convergence. parmi eux des taux d’inflation annuels en dessous de 10% dans un premier temps, 5% pour objectif dans un deuxième temps, un déficit de 3%, une dette en dessous de 70% du PIB, enfin, tous les Etats devront avoir des réserves suffisantes d’au moins trois mois d’importation.

 

Il se trouve que c'est la zone CFA qui converge le mieux. Alors, Alassane Ouattara, farouche défenseur de la parité avec l’euro,  entend mettre à profit cet avantage qu'auront alors les précurseurs pour plaider en faveur d'un taux de change fixe.

 

Donc, on commencera avec l'UEMOA et l'on pourrait, si les chefs d'État le décident, voir le CFA rebaptisé « eco », en attendant de l'élargir aux autres pays de la Cédéao, dans un deuxième temps.

C'est un rapport de force entre d'un côté l'UEMOA et la Cédéao qui se dessine. Reste à savoir encore ce qu'en penseront les Nigérians, incontournables dans les questions monétaires d'Afrique de l'Ouest, qui comptent pour  plus de la moitié des 350 millions d’habitants que regroupe la communauté. En outre, le Nigeria pèse pour plus de 50% du PIB. S’ajoute le Ghana, l’une des puissance économique de la communauté Cedeao, opposée également à cette idée d’arrimage de l’eco avec l’euro.

Martiale Digbeu / Afriknews//


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bourse
INTERVIEW ...
Condamnation de Mangoua Jacques / Me N'dry Claver contredit le Procureur Koné Braman : « Ce n'est pas vrai de dire que les avocats ont fondé leur défense sur les affirmations du chargé de missio

Afriknews-Jeudi 10 octobre 2019-Me N'dry Claver est l’un des trois Avocats, qui ont défendu Monsieur Mangoua Jacques, le président du Conseil régional du Gbêkê, jugé et condamné le jeudi 3 octobre 2019 à Bouaké à 5 ans de prison ferme, 5 ans de privation de ses droits, et 5 millions d’amende selon la procédure de flagrant délit pour détention illégale de munitions. Battant en brèche l’argument du Procureur selon lequel les avocats de Mangoua Jacques se sont fondés sur le témoignage du Chargé de mission, lui-même condamné pour propos mensongers, Me N'dry Claver met en crise cette thèse. Non sans indiquer que la déclaration d'appel a été déposée le vendredi 04 Octobre 2019.

 

 

 

Question : Bonjour Maître N'DRY CLAVER. L'affaire Ministère Public contre Mangoua Koffi Jacques défraie la chronique en Côte d'Ivoire. Il vient d'être condamné à 5 ans de prison ferme et 5 millions d'amende. Est-ce que vous pouvez nous expliquer dans les détails les faits de cette affaire ?

 

Réponse: Je voudrais vous remercier pour votre souci de recherche de la vérité. Les faits tels que débattus à l'audience nous donnent ceci. Monsieur MANGOUA KOFFI SARAKA JACQUES, président du conseil régional de Bouaké est appelé le samedi 21 Septembre 2019 par son cadet Mangoua Ervé. Ce dernier lui donne l'information selon laquelle le vigile qui travaille avec monsieur MANGOUA Jacques depuis une vingtaine d'années a découvert dans une niche de la résidence de son employeur des sachets qui contenaient des munitions et des machettes. Monsieur MANGOUA appelle immédiatement le Préfet puis ensuite le commandant de Brigade de Bodokro pour leur donner cette information. Il leur demande de faire constater ces objets. Ce qui est fait.
Le lundi 23 Septembre 2019, le Procureur de Bouaké appelle monsieur MANGOUA pour lui dire que compte tenu de ce qui s'est passé à sa résidence à savoir la découverte des munitions, il trouve important de faire une perquisition à sa résidence pour la manifestation de la vérité judiciaire et pour situer les responsabilités. Je tiens à préciser que tous ces faits se passent alors que Monsieur MANGOUA Jacques est à Abidjan et que depuis Avril 2019 il n'a pas mis les pieds à Nguessankro où se trouve cette résidence dans laquelle les objets ont été découverts. C'est un élément important dans le dossier qui n'a jamais été contesté. Cette position géographique de monsieur Mangoua par rapport au lieu de découverte des munitions.
Pour poursuivre, notre client ne trouve aucun inconvénient. Il dit même au Procureur qu'il ne se reproche rien et que la perquisition peut se faire.
Cette perquisition infructueuse a lieu le mardi 24 Septembre 2019.
Monsieur MANGOUA qui a déposé une plainte auprès du Procureur de Bouaké est invité à venir faire son audition. Notre client se déplace en cette qualité de plaignant victime et arrive à Bouaké. Il lui est demandé en ce lieu s'il souhaitait se faire assister par un avocat. La suite vous la connaissez. Monsieur MANGOUA est gardé à vue pour les nécessités de l'enquête. Il est après déféré au Parquet. Le Procureur décide de le faire comparaitre devant le tribunal pour qu'il soit jugé selon la procédure de flagrant délit pour détention illégale de munitions. Le 03 Octobre 2019, monsieur MANGOUA KOFFI SARAKA JACQUES est reconnu coupable et est condamné à 5 ans de prison ferme avec 5 millions d'amende.

 

Question: Maître, nous avons du mal à comprendre avec les faits que vous venez de présenter comment le tribunal a condamné monsieur MANGOUA Jacques ?

Réponse: C'est une question ?

Question: Oui expliquez nous comment le Tribunal a pu condamner monsieur MANGOUA sur la base de ces faits ?

Réponse : Je suis un avocat. Je ne suis pas le juge. Moi je peux vous expliquer comment j'ai défendu mon client. C'est le tribunal qui pourra justifier sa décision. Pour l'heure, nous n'avons pas la décision motivée. Lorsque nous l'aurons, nous saurons les motivations des juges. À l'instant où je vous parle, je suis au même niveau d'information que vous sur cette question. Je ne sais pas les motivations c'est-à-dire dire l'ensemble des raisons de faits et de droit sur le fondement desquelles le tribunal devrait justifier la légalité de toute décision qu'il prononce. Nous sommes dans l'attente.

Question: Le Procureur a fait une conférence de presse selon une information donnée par le confrère Koaci, il aurait affirmé que "les avocats ont contourné le droit "? Quel commentaire une telle affirmation suscite en vous ?

Réponse : Je pense que ce procès a été très suivi à Bouaké et dans toute la Côte d'Ivoire. Chacun est assez intelligent pour se faire une opinion sur cette affaire. Vous savez il y a une population qui a atteint une maturité pour comprendre elle-même ce qui se passe. Je ne commenterai pas cette affirmation supposée du procureur de Bouaké.

Question: Maître est-ce que vous allez faire appel de cette décision ?

Réponse : Sachez-le. La déclaration d'appel des avocats de monsieur Mangoua a été déposée le vendredi 04 Octobre 2019.

Question: Maître, avez-vous confiance en la justice avec ce que vous nous avez précédemment décrit et la décision rendue ?

Réponse : Dans un pays, si les citoyens n'ont pas confiance en leur justice, c'est que nous ne sommes plus dans une société. C'est la jungle. Nous devons malgré tout avoir confiance en la justice. Nous irons devant la Cour d'appel de Bouaké pour présenter nos arguments. Nous dirons aux juges de la Cour d'appel ce pourquoi nous estimons que la décision devrait être revue. C'est d'ailleurs tout le sens des recours contre les décisions de justice.

Question: La procédure en appel est prévue pour quelle date ?

Réponse : Une fois que la Cour d'appel va recevoir le dossier du tribunal avec la décision rédigée et les notes de l'audience, la date de l'audience sera communiquée.

Question: Est-ce que ce ne sera pas long ?

Réponse : Je ne sais pas. La programmation des audiences ne relève pas des avocats. Mais je peux seulement me dire que ce ne sera pas long parce la procédure d'urgence c'est à dire le flagrant délit a été utilisée pour juger monsieur MANGOUA. S'il fait un recours à son tour, je pense que sa cause devrait être entendue rapidement. Tout cela fait partie du respect des principes du procès équitable. Mais encore une fois, ce ne sont pas les avocats qui décident des dates d'audience dans de pareils cas.

Question: Maitre quelle a été votre ligne de défense dans cette affaire ?

Réponse: Simplement que monsieur MANGOUA ne pouvait pas être condamné pour le délit de détention illégale de munitions au regard des faits et des circonstances de l'espèce. Parce que monsieur MANGOUA n'a pas mis les pieds à Nguessankro depuis Avril 2019. Or, c'est en ce lieu que les munitions ont été découvertes. Il ne pouvait donc pas être l'auteur matériel du dépôt des munitions. Ce n'est pas possible. Nous avons montré aussi que c'est monsieur MANGOUA Jacques qui a informé lui-même le Préfet puis le commandant de la Brigade de Bodokro pour aller constater ces objets déposés dans une niche de sa résidence. Comment vous pouvez comprendre ça s'il voulait détenir des munitions illégales. Mais mieux, les objets illégaux étaient déposés dehors pour une résidence qui contient Douze chambres. Monsieur MANGOUA ne pouvait-il pas cacher ces munitions dans l'une d'entre elles ? J'ai dit au tribunal que notre dossier n'a pas produit un rapport psychologique nous révélant que monsieur MANGOUA était devenu fou. Parce que pour vouloir détenir des munitions illégales et se comporter comme monsieur MANGOUA l'a fait, il faudrait avoir sa raison en vacance. Voici ce que nous avons déclaré devant les juges.

Question: Maître tous les jours, les gens sont condamnés pour des faits de détention illégale d'arme ou de munitions. Quelle est la spécificité du cas Mangoua ?

Réponse: Selon nous cette spécificité réside dans l'appel téléphonique de monsieur MANGOUA au Préfet et au commandant de la brigade de Bodokro pour leur dénoncer la présence de munitions découvertes dans sa résidence. Les autres personnes qu'on condamne pour cette même infraction n'ont certainement pas eu le même comportement que Monsieur MANGOUA.

Question: Le Procureur a affirmé que c'est le frère cadet de votre client qui a appelé la gendarmerie avant d'informer monsieur MANGOUA (nous sommes interrompus par maître N'DRY CLAVER)

Réponse : Monsieur je vous en prie arrêtez moi cette question. L'audience du Jeudi 03 octobre 2019 était publique. Il faut arrêter. Je prends à témoin les trois juges qui ont siégé. Je prends à témoin le greffier audiencier. Je prends à témoin mes confrères qui étaient dans la salle. Je prends à témoin le public venu nombreux pour suivre cette audience. La question a été posée au frère cadet de monsieur Mangoua. À quel moment est-ce que vous avez appelé votre frère. Il a dit ceci: Quand monsieur Kouakou Yao Laurent lui a montré les munitions dans les sachets, il a appelé immédiatement son frère qui était d'abord en réunion. Ils se sont rappelés juste après. Et c'est monsieur MANGOUA qui a appelé le Préfet puis le commandant de brigade de Bodokro. C'est ce récit que nous avons tous entendu à l'audience publique. Le frère de monsieur Mangoua n'a jamais dit qu'il avait appelé le commandant de brigade avant d'avoir appelé son frère. Le procureur n'a pas le droit en dehors de tout autre élément de preuve de dire autre chose que ce que les témoins ont dit. Cela ne se fait pas. Nous avons aujourd'hui des moyens scientifiques pour tout savoir. Je l'ai dit à l'audience. Le procureur a le pouvoir de faire une réquisition auprès des sociétés de téléphonie. Il connaît les numéros de téléphone de monsieur Mangoua et celui de son frère. Il connaît celui du commandant de la brigade de Bodokro. Quand on appelle il y a les heures d'appel et la durée de chaque appel. Pourquoi le procureur ne fait pas cette réquisition et il dit autre chose que ce que le témoin a dit à la barre du tribunal devant le monde entier. Les notes de l'audience ont consigné ces propos du frère de monsieur Mangoua. Arrêtons s'il vous plaît. L'audience était publique. Arrêtons. Nous attendons la motivation des juges pour savoir ce que les juges vont retenir. Ce sont eux qui doivent nous départager. Je vous le répète. Le frère de monsieur Mangoua a dit qu'il a appelé son frère avant tout. Si le Procureur doit construire un autre récit, il doit le faire sur le fondement de la réquisition des opérateurs de téléphonie cellulaire. Nos opinions ne constituent pas les faits en matière pénale. Attachons nous aux faits. Nous n'avons pas le droit de dénaturer les informations données à la barre. Monsieur je vous dis que les Ivoiriens sont matures. Il y a des choses qui ne passent plus.

Question: Maître quelle a pu être la conséquence de la condamnation du chargé de mission de monsieur Mangoua sur la décision de condamnation de son employeur ?

Réponse: Les deux affaires ne sont pas liées. Vous avez monsieur MANGOUA qui est poursuivi pour détention illégale de munitions. L'autre est poursuivi pour divulgation de fausses informations. Dans la rigueur juridique, il n'y a aucun rapport. Je tiens à vous dire d'ailleurs que nous n'avons cité à aucun moment le chargé de mission de monsieur Mangoua pour étayer nos différentes plaidoiries. Pour vous dire que nous nous sommes attachés aux faits contenus dans les procès-verbaux d'enquête. Nous nous sommes attachés aux déclarations faites à la barre du tribunal par les témoins des faits. J'ai dit à l'audience que lorsque les citoyens risquent leur liberté, il n'y a pas de place pour le jeu. Nous n'avons jamais cité le chargé de mission de monsieur Mangoua. Ce n'est pas vrai de dire que les avocats ont fondé leur défense sur les affirmations du chargé de mission de monsieur Mangoua. Je ne parlerai pas de mensonge. Je dirai que ce n'est pas vrai. Je vous répète l'audience était publique.

Question: Maître de nombreuses analyses politiques parlent d'un complot pour le contrôle de la région du GBÊKÊ. Il s' agirait de constater après cette condamnation la vacance de la présidence du conseil régional de Bouaké et de désigner un conseiller favorable au RHDP. Un peu comme ce qui s'est passé avec monsieur Billon. Quel est votre point de vue ?

Réponse: Vous avez parlé d'analyse politique. Moi je suis un avocat. Je m'attache aux faits dans le prétoire. Je laisse aux hommes politiques leurs analyses. J'aime la force de la loi. Quels sont les éléments constitutifs des infractions ? Les faits doivent tomber sous le coup de la loi. Voici mon cadre de travail en tant que pénaliste. Je ne veux pas mélanger les choses. On ne vient pas au palais de justice avec son habit de militant de parti politique. On ne me donne pas d'instructions contraires au droit pour que je les prolonge au palais. Sinon je deviendrai un monstre au cœur de l'appareil judiciaire. Et je serai dangereux pour la paix sociale. Quand je revêts ma robe d'avocat, c'est la loi seule qui me guide. C'est pour sa défense que j'ai prêté mon serment. On ne fait pas la politique au palais de justice. On ne devrait pas faire la politique au palais de justice pour être plus précis. Je ne commenterai pas ces analyses politiques. Je suis un avocat. Je ne me suis pas trompé de profession.

 

In le TEMPS / Titrailles Afriknews//


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REPORTAGE ...
Côte d’Ivoire : Olheol-ci industries (ex Trituraf) vers une liquidation

Afriknews-jeudi 31 janvier 2019-Pour une dette de 300 millions de Francs Cfa contractée  en 2009 auprès d’une banque ivoirienne, non soldée, l’usine Olhéol ( Ex Trituraf) de Bouaké est au bord de la liquidation. Elle est même à l’arrêt. Des rumeurs persistantes ont circulé dans la capitale du centre annonçant même sa mise en vente aux enchères par le bailleur pour se rembourser.

 

En effet, il se raconte que le partenaire financier, qui attend impatiemment le remboursement de son crédit, aurait vendu l’usine à des Libanais. Et que ces nouveaux propriétaires étaient dans les locaux de l’usine  le lundi 28 janvier 2019 à 18h pour une visite d’évaluation. ‘‘C’est une fausse nouvelle’’, dément monsieur Koné Zanga, chargé de la restructuration à la direction de l’entreprise.

Toutefois, monsieur Koné Zanga reconnaît que l’usine traverse un grave crise, qui l’a empêchée de respecter ses engagements vis-à-vis du bailleur en question. Et de justifier que c’est la conséquence de détournement de matière première vers d’autres cieux.

« Ce n’est pas de la mauvaise foi de notre part. Mais comment pouvons-nous fonctionner si la matière première est acheminée vers d’autres pays ? »,  S’interroge-t-il, avant de poursuivre pour dire que la direction a confiance en son investissement et lutte pour sortir du coma.

« Il y a des procédures judiciaires encore en cours qui suspendent toute vente  matérielle de l’usine. Donc il n’y a aucune raison de se précipiter pour quoi que ce soit. L’usine est là, elle ne fuit pas. Pourquoi on ne veut pas patienter. On était tous attendu ce matin à la justice, mais les partenaires financiers ne sont pas venus », a-t-il fait remarquer.

A l’en croire, la résolution de problème se fera à l’amiable, et ne peut en aucun cas, débouchée sur une liquidation. « Comment veulent-ils vendre puisque l’investissement est de 16 milliards alors qu’on leur doit seulement 300 millions de frs Cfa ? C’est pour  toutes ces questions que nous nous retrouvons en justice pour une solution paisible. Nous sommes donc étonnés. Et à la limite, nous disons que nous sommes encore au stade du tribunal et non à la liquidation des biens de l’unité de production », monsieur Koné Zanza a déclaré.

Si cela paraît simple à apprécier par la direction, ce n’est pas la quiétude chez les employés, qui cumulent plusieurs mois d’arriérés de salaire,  et  des licenciés qui réclament plusieurs millions de francs Cfa de droits.

Aussi, ont-ils manifesté devant l’entreprise le mardi 29 janvier pour réclamer leurs dus, avant que le pire n’arrive. «  Aujourd’hui nous sommes attroupés ici parce que nous revendiquons notre droit. Cela fait désormais 30 mois que nous ne sommes  plus en activités. Bien évidemment, nos employeurs nous doivent plusieurs mois de droits et la valorisation de certains droits », a situé Bamba Dramane, leader syndical.

 

Non sans indiquer que des sources concordantes affirment  «  qu’un partenaire financier veut vendre aux enchères l’unité de production pour un crédit de 300 millions de Franc Cfa ». Puis, ils ont émis le vœu d’être associés aux échanges, « afin que nos droits qui s’évaluent à 1,3 milliards de francs Cfa et nos arriérés de salaires qui font un total de 380 millions de francs Cfa soient obtenus ».

Dans cette nébuleuse, il est constaté au moins une convergence entre  la direction et les employés, qui plaident tous pour le règlement à l’amiable qui ne leur soit pas préjudiciable. Ou du moins, si l’usine doit être cédée, les employés souhaitent se constituer en partie prenante  dans les discussions.

Faut-il rappeler, qu’Olhéol-ci est une unité industrielle, qui transforme essentiellement les grains de coton en produit oléagineux. Olhéol, ou ex Trituraf, a longtemps contribué à l’essor de l’industrialisation dans la capitale du centre. Mais l’entreprise a  entamé sa léthargie en marge de la crise militaro-civile de 2002 qui a secouée le pays. Malgré les efforts de redressement  engagés par les nouveaux acquéreurs, la descente aux enfers continue. Elle est pourvoyeuse de plus 500 emplois directs et indirects.

Tuo Tchang / Afriknews//


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